Créée par les étudiants du Master 2 Archéologie et Patrimoine de l'Université Jean Moulin - Lyon 3, P.A.V.E. a pour mission d'animer et de promouvoir ce Master en œuvrant à la mise en place d'un projet culturel annuel.
Nous voici lancés dans notre projet P.A.V.E. Nous avons trouvé notre thème et commencé nos demandes de subventions ainsi que nos recherches sur le thème.
Cette année sera donc dédiée à l'Église du Bon Pasteur située rue Neyret à la Croix-Rousse à Lyon, notre ville estudiantine. Vous ne la connaissez pas ? Nous vous la présentons en quelques mots.
Histoire :
L’alliance du Trône et de l’Autel voulue et promue par Napoléon III pousse de grands bourgeois lyonnais à projeter, entre 1853 et 1856, la construction de deux églises sur les pentes de la Croix-Rousse, afin d’enfermer les velléités anticléricales dans un triangle formé par les futures églises du Bon Pasteur, de Saint-Bernard et lde a néoclassique église Saint-Polycarpe.
Saint-Bernard et le Bon Pasteur choisissent un procédé semblable : à flanc de colline, il est possible aux architectes d’élever de prodigieux gradins menant aux églises. Cet effet monumental n’est possible au Bon Pasteur que par la destruction de la caserne (futur emplacement de l’École des Beaux-Arts) bordant le Jardin des plantes.
Jouissant du soutien de l’empereur, le projet est mis en chantier en 1869 ; la première pierre est posée par l’impératrice Eugénie. Les travaux ne s’achèveront qu’en 1883, sous la direction de l’écrivain Clair Tisseur (1827-1896).
Mais il manque un élément de taille : l’escalier monumental. C’est que le contexte d’achèvement des travaux est bien différent de leur ouverture : la IIIe République, très anticléricale, a remplacé l’Empire, et refuse de vendre le terrain de la caserne rue Neyret.
L’église du Bon Pasteur est demeurée en l’état depuis, ses portes d’accès suspendues à trois mètres du sol. La caserne devait céder, après 1960, au bâtiment l’École des Beaux-Arts. Dépourvue de paroissiens en nombre suffisant, le Bon Pasteur est fermé au culte en 1984.
Depuis l’église du Bon Pasteur est abandonné aux intempéries, à la pollution et aux squatteurs qui y trouvent parfois refuge. Sa crypte est fermée mais son accès ne peut se faire que depuis la rue en l’absence des gradins ; sa nef est prêtée comme dépôt à l’École des Beaux-Arts jusqu’en 2007 ; son clocher permet l’installation d’une antenne relais de téléphonie mobile, retirée en 2008. Il suffit de se rendre sur les lieux pour juger de l’abandon du site.
Méthodes et enjeux :
On l’aura bien compris : l’enjeu est bien sûr de sensibiliser les visiteurs à la potentielle disparition d’un lieu de mémoire.
L’état de décrépitude de ce bien patrimonial majeur de notre ville justifie un travail de valorisation, de diffusion et d’études.
Ces trois actions nous paraissaient à même d’être conduites au travers d’une visite, complétée d’une exposition in situ. Après renseignement pris auprès de la Mairie du 1er arrondissement de Lyon, propriétaire des lieux, il appert que l’accès au bâtiment est interdit, à cause du risque permanent de chute de pierres.
Ainsi, nous avons décidé de monter une exposition itinérante.
L’exposition itinérante est un compromis entre la nécessité d’une permanence du discours scientifique et patrimonial, à travers plusieurs panneaux explicatifs organisés par thèmes (Histoire, architecture, peintures et décors sculptés, etc.), et une visite guidée qui ne peut se faire, donc remplacée par l’installation dans divers lieux publics de l’exposition (Mairies, musées, campus, Instituts de recherches, etc.).
La rotation des panneaux selon un calendrier à fixer devrait s’achever en septembre prochain à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, auprès de l’église. Ce choix n’est pas anodin : nous cherchons en effet à toucher un public large, par un propos accessible et une visibilité maximale de l’exposition.